Le Kosovo, le grand défi européen pour 2008

Le Kosovo, le grand défi européen pour 2008

Le Parlement serbe a rappelé par une résolution votée mercredi 26 décembre son rejet de l'indépendance du Kosovo. Le texte lie l'éventuelle adhésion du pays à l'UE et à l'OTAN au statut du Kosovo. La Slovénie, premier pays de l'ex-Yougoslavie à assumer la présidence tournante de l'UE, aura à jouer les médiateurs dans ce dossier dès sa prise de fonction le 1er janvier 2008.

Delo (Slovénie)
Le journaliste slovène Peter Potocnik rappelle que "Belgrade lie son destin international à son intégrité territoriale. Il est évident qu'un 'rapprochement' de la Serbie de l'UE satisferait même les plus radicaux. (...) Le président Boris Tadic a certes affirmé que la Serbie serait incapable de conserver le Kosovo ou d'offrir les fruits de la croissance économique aux Serbes en cas de guerre ou d'isolement sur la scène internationale. Toutefois, il a ajouté que l'armée était prête à protéger les Serbes du Kosovo. (...) Celui qui espérait encore que la Serbie n'imaginait pas son avenir sans l'Europe a pu constater sans ambiguïté ce que le terme pro-européen signifie pour la classe politique serbe. Tout le reste n'est qu'une illusion, comme l'ont été les vaines négociations sur le statut entre Belgrade et Pristina."

Der Standard (Autriche)
Selon Adelheid Wölfl, "la ligne politique européenne envers la Serbie se révèle non seulement incohérente et peu crédible, mais également imprudente. En effet, la question du Kosovo est étroitement liée à l'adhésion de la Serbie à l'UE. Pendant des années, Bruxelles a affirmé qu'il n'y aurait pas d'accord européen sans la remise de Ratko Mladic aux autorités." Le gouvernement serbe a récemment admis que le criminel de guerre Ratko Mladic, recherché par le Tribunal pénal international de la Haye pour l'ex-Yougoslavie, se trouve à Belgrade. "Tout cela manque de clarté. Les électeurs serbes sont également dans le flou. Un Etat qui protège un criminel de guerre présumé n'a pas compris les valeurs européennes. C'est ce qu'a dû apprendre la Croatie avec l'ex-général Ante Gotovina. (...) La question du Kosovo est différente. Le fait que la Serbie ne se prononce pas en faveur de l'indépendance est compréhensible. L'accord des Serbes n'est ni nécessaire, ni probable. La Serbie doit pouvoir comprendre que d'autres vont agir à sa place."

Le Monde (France)
Le chroniqueur en affaires européennes Thomas Ferenczi souligne que la Slovénie a fait du dialogue entre les peuples l'une des priorités de la présidence tournante de l'UE, que ce pays assumera à partir du 1er janvier 2008. "Situé au carrefour de l'Autriche, de l'Italie et des Balkans, le pays est bien placé pour servir de trait d'union entre les peuples. Il a organisé en 2007 des rencontres destinées à établir des ponts entre les groupes en conflit et les religions en concurrence. Il continuera de combattre, par la confrontation des idées, le 'choc des civilisations', à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Union. Le Kosovo sera, bien entendu, son premier terrain d'action, mais son objectif est de contribuer, d'une façon générale, à une meilleure entente entre l'Occident et l'Islam."

-Courrier International-

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