Le Kosovo adopte sa Constitution, nouvelle étape vers la souveraineté

La Constitution du Kosovo indépendant est entrée en vigueur dimanche 15 juin, marquant le début d'une reconfiguration du pouvoir dans l'ancienne province serbe, dont la surveillance doit progressivement passer de l'ONU à l'Union européenne. "L'adoption de la Constitution représente le second moment historique le plus important pour le Kosovo après la proclamation de l'indépendance", le 17 février, a déclaré le président kosovar Fatmir Sejdiu, saluant cette nouvelle étape vers une souveraineté accrue pour les Kosovars albanais (plus de 90 % des quelque 2 millions d'habitants).

 

Le président du Kosovo Fatmir Sejdiu signe la nouvelle Constitution, sous le regard du président du Parlement Jakup Krasniqi
AFP/Armend Nimani Le président du Kosovo Fatmir Sejdiu signe la nouvelle Constitution, sous le regard du président du Parlement Jakup Krasniqi, le 15 juin 2008.

M. Sejdiu a marqué ce jour en signant une série de lois, qui jusqu'à présent auraient dû avoir l'aval de la mission de l'ONU (Minuk) chargée d'administrer la province depuis la fin du conflit de 1998-1999 entre la Serbie de Slobodan Milosevic et les séparatistes albanais.

"ANNULER" LA CONSTITUTION

Mais la Serbie qui, avec le soutien indéfectible de la Russie, continue de s'opposer farouchement à l'indépendance d'une province qu'elle considère comme le berceau de son histoire, a estimé que la Constitution kosovare n'avait aucune valeur."C'est un événement politique, avec des conséquences nocives. Mais pour la Serbie, il n'est pas juridiquement valide", a déclaré le président Boris Tadic. "La Serbie considère le Kosovo comme sa province", a-t-il ajouté en demandant de négocier à nouveau son statut avec les leaders kosovars albanais. Le premier ministre sortant, le nationaliste Vojislav Kostunica a, de son côté, demandé une réunion immédiate du Parlement serbe pour "annuler" cette Constitution "illégale".

Dans le même temps, le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, a annoncé pour la fin du mois la création d'une "Assemblée des municipalités" serbes du Kosovo. "La Constitution du Kosovo sera inapplicable là où vivent les Serbes, parce que 99,99 % d'entre eux ne l'acceptent pas", a-t-il dit. Quelque 120 000 Serbes sont restés au Kosovo après la guerre de 1998-1999 et près de la moitié d'entre eux vivent dans le Nord, où ils sont majoritaires.

La Serbie a rejeté samedi un plan du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, visant à remplacer progressivement la Minuk par une mission de l'UE, Eulex, chargée d'accompagner l'indépendance du Kosovo en particulier dans le domaine de la police et de la justice. Moscou a de nouveau pris fait et cause pour son allié serbe, qualifiant ce projet de "scandaleux" et exigeant, comme Belgrade, qu'il reçoive l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, où la Russie dispose d'un droit de veto.

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