La Slovénie aux commandes de l'UE

La Slovénie aux commandes de l'UE

Depuis le 1er janvier, la Slovénie tient les rênes de l'UE. C'est la première fois qu'un des Etats récemment entrés dans l'UE (2004) assume la présidence semestrielle de l'Union européenne.

Turun sanomat (Finlande)
Le journal finlandais dresse un bilan élogieux du développement rapide du pays après le démembrement de la Yougoslavie. "La Slovénie n'est entrée dans l'UE qu'en 2004, avec neuf autres pays. Même si elle ne compte que deux millions d'habitants, c'est cette partie de l'ancienne république yougoslave qui enregistre la croissance la plus forte. La Slovénie fait déjà partie de la zone euro, de l'espace Schengen et de l'OTAN. (...) Elle se trouve néanmoins confrontée à un défi de taille car la présidence du Conseil est un lourd fardeau pour un si petit pays. Une chose est sûre : la question du Kosovo figurera dans l'agenda politique. L'UE doit se préparer à subir ce qui pourrait être la plus grave crise de son histoire."

Dnevnik (Slovénie)
La question de l'indépendance du Kosovo est le plus grand défi auquel la Slovénie se trouvera confrontée pendant sa présidence de l'UE. Selon Ervin Hladnik Milharcic, de nombreuses rumeurs inquiétantes circulent ces derniers jours quant à la tournure que prendraient les événements en cas d'indépendance du Kosovo, alors qu'en réalité, il ne devrait rien se passer. "En effet, tous les événements qui pourraient survenir se sont déjà produits en 1999. A l'époque, la police et l'armée serbes avaient coordonné leurs efforts pour évacuer en quelques jours un million de personnes de la province vers la Macédoine ou l'Albanie. Bill Clinton n'a pas oublié la promesse de George Bush Senior, selon laquelle les Etats-Unis ne permettraient jamais un génocide albanais. Aussi a-t-il eu recours à la force armée pour obliger les Serbes à quitter le Kosovo. La province était alors indépendante et n'attendait qu'une seule chose : que ce statut soit également reconnu de manière formelle. (...) Il y a 15 ans, on affirmait également que la Slovénie allait compromettre la stabilité européenne et provoquerait une guerre au sein de la communauté."

Die Zeit (Allemagne)
Selon Alice Bota, "c'est un peu comme si Hambourg se trouvait à la tête de l'UE". Et la journaliste d'expliquer comment le pays va s'acquitter de sa mission. "Le gouvernement a, en quelque sorte, placé le peuple et la politique sous le régime d'un état d'urgence, pour le bien de tous. A l'origine, un pacte a été conclu entre le Premier ministre conservateur Janez Jansa et les partis. (...) On y trouve notamment le passage suivant : 'En vertu de leur rôle au sein du système parlementaire, les signataires n'entraveront pas l'action gouvernementale pour tout ce qui relève de la présidence du Conseil de l'UE.' Ce qui, en substance, signifie : pendant six mois, il faudra se taire. Cependant, cela n'a pas empêché le pacte de recueillir la quasi-totalité des signatures, que ce soit chez les conservateurs, les sociaux-démocrates et la gauche. Mais cela n'est pas encore suffisant. Tout le monde doit soutenir le pacte, y compris les journalistes. Mais ces derniers refusent et reprochent ouvertement depuis quelques mois au gouvernement cette tentative de mainmise sur l'information."

La Croix (France)
"Derrière Ljubljana, tout un pan de notre continent se voit mis en avant, après avoir été longtemps perçu à l'Ouest comme une terre ennemie", estime Michel Kubler. "Sommes-nous prêts à faire confiance aux nations de l'Est, dont le sort est devenu conjoint au nôtre parce qu'ensemble nous l'avons voulu, pour être à la hauteur de notre noble ambition européenne ? La réponse est (...) dans le regard que nous portons sur ces Etats, et qui ne peut plus se borner à la compassion bienveillante, ni à un accueil condescendant de ces peuples convalescents dans notre 'cour des grands'. C'est un regard de respect total que les Européens de l'Ouest gagneront désormais à porter sur leurs voisins de l'Est. Ceux-ci nous apparaîtront alors pour ce qu'ils sont : authentiquement Européens, autant mais autrement que nous."

Asnjë vlerësim. Bëhu i pari që e jep atë!

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    C'est un regard de respect total que les Européens de l'Ouest gagneront désormais à porter sur leurs voisins de l'Est. Ceux-ci nous apparaîtront alors pour ce qu'ils sont : authentiquement Européens, autant mais autrement que nous."
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