L'UE face à l'indépendance du Kosovo

L'UE face à l'indépendance du Kosovo
Les médiateurs américains, russes et européens présenteront le 10 décembre au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, leur rapport sur le futur statut du Kosovo. Ce document signera officiellement l'échec des négociations entre la Serbie et les Albanais du Kosovo. Du coup, la province serbe pourrait déclarer rapidement son indépendance. Comment l'UE pourrait-elle contribuer à la stabilisation de la région ?
The Guardian (Royaume-Uni)
"Alors que la question de l'indépendance du Kosovo se fait de plus en plus pressante, nous sommes certains qu'il y aura au cours des  prochaines semaines de la sueur et des larmes. Mais nous pouvons, avec de la chance et du bon sens de tous les côtés, éviter que davantage de sang ne coule", considère Timothy Garton Ash. "L'UE vient juste de signer ce qui, en eurojargon, est connu sous le nom 'd'accord de stabilisation et d'association' avec la Bosnie [le 4 décembre] - un pas important vers une adhésion éventuelle. L'UE devrait exprimer clairement, dans un effort de communication envers le peuple serbe, qu'elle veut faire la même chose avec la Serbie (...). La déclaration coordonnée d'indépendance du Kosovo, en février 2008, serait alors accompagnée par cette importante offre européenne aux Serbes : échanger le reste de souveraineté formelle sur le Kosovo contre la chance effective d'un avenir meilleur dans l'UE. Les Serbes feront sans doute non de la tête ; mais dans leurs coeurs, ils pourraient commencer à dire oui."
Die Zeit (Allemagne)
"Deux choses paraissent impensables pour Bruxelles : laisser à la porte de l'UE un tel enfant à problèmes, livré à lui-même et surtout, l'y abandonner pour longtemps", expliquent Jochen Bittner et Andrea Böhm, très critiques à l'égard de l'actuelle situation. "A Bruxelles, personne ne souhaite faire de pari sur la durée de son exclusion du club européen. Mais selon les diplomates européens, le problème des Balkans ne trouvera de solution que si tous les pays de l'ex-Yougoslavie sont rassemblés sous un nouveau drapeau ? celui de l'intégration européenne (...). Ce genre d'ambitions ne constitue pas seulement un effort surhumain pour une UE de l'élargissement. Elle représente aussi une provocation pour ce voisin mécontent qu'est la Russie. Pour Moscou, l'engagement de l'UE en faveur des Balkans incarne une avancée sans gêne sur les zones d'influence traditionnellement russes. Il est donc fort possible qu'un conflit larvé entre l'Europe et la Russie ne se cristallise autour du Kosovo."
Sme (Slovaquie)
Le Premier ministre slovaque Robert Fico se montre très réservé quant à la perspective de voir le Kosovo obtenir son indépendance. Peter Morvay critique cette opinion. "Ce point de vue ne découle pas d'une opposition de principe, ni ne repose sur des raisons valables. Il est dicté par une véritable paranoïa propre à tous les partis slovaques. Ceux-ci vivent dans l'idée que la séparation du Kosovo pourrait constituer un précédent pour les Hongrois du sud de la Slovaquie. Un raisonnement que l'on retrouvait déjà dans la décision du Parlement au sujet de l'inviolabilité des décrets Benes [qui ont entraîné la dépossession et l'expulsion de dizaines de milliers de Hongrois vivant en Tchécoslovaquie après 1945]. Il s'agit d'un geste vide, dénué de sens (...), qui détruit au lieu de construire."
Asnjë vlerësim. Bëhu i pari që e jep atë!

Komentet

  • cosplay
    Le Premier ministre slovaque Robert Fico se montre très réservé quant à la perspective de voir le Kosovo obtenir son indépendance. Peter Morvay critique cette opinion
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