Mirësevini

  • Le Kosovo sur la voie de l'indépendance

    Le Kosovo sur la voie de l'indépendance

    International Herald Tribune (France)

    Le chroniqueur Roger Cohen voit une raison de se réjouir dans l'indépendance imminente du Kosovo, tout en sachant que "la Serbie va s'insurger contre ce que son Premier ministre appelle 'cet état fictif sur le territoire serbe', que l'ours russe va gronder et que la tension va monter dans les Balkans pendant quelque temps (...). Le fait est que l'indépendance du Kosovo est justifiée, unique et inévitable. (...) La Serbie a perdu son pari nationaliste sur le Kosovo il y a longtemps : les différences qui en découlent sont insurmontables. Attendre davantage avant l'inévitable ne peut qu'aggraver la situation dans la région. (...) Les ministres de l'UE se rencontreront lundi [le 18 février] et pourraient s'entendre sur une déclaration de principe affirmant que les conditions de la reconnaissance sont réunies. Une claire majorité des 27 pays européens - certainement pas moins de 20 - est prête à reconnaître le Kosovo rapidement. (...) L'unanimité serait certes mieux, mais un large consensus est suffisant. (...) Plus important encore, les Etats-Unis et l'Europe marcheront au même rythme, ce qui n'est pas très courant ces temps-ci."

    La Voix du Luxembourg (Luxembourg)

    "La plupart des chancelleries observent avec un mélange d'espoir et d'inquiétude le Kosovo qui s'apprête à déclarer son indépendance", écrit Laurent Moyse. "Une fois de plus, l'UE joue avec le feu dans son arrière-cour. S'il paraît évident que la cohabitation entre Serbes et Albanais au sein d'un même Etat se résume à un échec, les conditions dans lesquelles cette séparation se produit sont loin d'être idéales. (...) Ce qui frappe, c'est que les Balkans symbolisent l'incapacité de l'Europe à cimenter des sociétés pluriethniques. Après la partition de la Tchécoslovaquie et le démantèlement de la Yougoslavie titiste, les constructions nationales du vingtième siècle n'ont pas toutes résisté aux velléités d'autonomie. En négligeant de comprendre les vicissitudes de l'Histoire, l'Europe peine à trouver une réponse cohérente aux crises qui la secouent."

    Dnevnik (Slovénie)

    Ervin Hladnik Milharcic, partisan de la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo, estime qu'il n'y a aucune raison d'empêcher l'intégration des Balkans dans l'UE. "Encore aujourd'hui, certains affirment que la guerre a commencé en ex-Yougoslavie après que l'Allemagne a reconnu la Slovénie et la Croatie, qui avaient déclaré leur indépendance en premier. Et certains ne manquèrent alors pas d'affirmer que ce processus allait nuire aux intérêts des pays voisins et déstabiliser l'Europe. On redoutait même des pertes économiques et la désintégration de l'UE. (...) Lorsque le Kosovo a annoncé son intention de déclarer son indépendance, les mêmes mises en garde que celles qui concernaient la Slovénie en 1991 se sont fait entendre. (...) La reconnaissance du Kosovo lui donnerait un nouveau statut : cette province deviendrait un Etat dans lequel les Albanais devront assumer toutes leurs responsabilités, y compris la sécurité de la minorité serbe. Si c'est ce que souhaitent vraiment les citoyens, les stopper n'a aucun sens."

    Dnevnik (Bulgarie)

    Ivo Indjev déplore que la Bulgarie n'ait toujours pas communiqué sa position officielle sur le Kosovo. "L'UE soutient l'indépendance du Kosovo. La Bulgarie est membre de l'UE et, de ce fait, approuve indirectement l'indépendance de la province, mais en silence. (...) En ménageant la chèvre et le chou, le gouvernement essaie de montrer qu'il sait faire preuve de souplesse, mais, en réalité, il a peur d'essuyer un camouflet, non pas de ses propres concitoyens, mais du Kremlin. (...) Nous ne devrions pas nous raconter d'histoires sur la neutralité. Lorsque la Bulgarie s'est opposée aux tendances nationalistes dans les Balkans et est devenue, en 1992, le premier pays à reconnaître l'Etat de Macédoine, elle a fait son entrée sur la scène géopolitique. Toutefois, la politique extérieure est une projection des tendances nationales. Vu sous cet angle, on peut affirmer que la Bulgarie a affiché son indépendance en 1992 et en 1999 [en soutenant la position de l'OTAN sur le conflit avec la Serbie]. Maintenant, elle se comporte plutôt comme l'épouse infidèle de la Russie."

    Neue Zürcher Zeitung (Suisse)

    Thomas Muster estime que le gouvernement du Kosovo indépendant se trouvera face à deux défis de taille : l'indépendance politique et la consolidation de l'économie. Actuellement, le PIB par habitant ne s'élève qu'à 1 100 euros par an, un niveau bien inférieur à celui des pays de la région. Le pays regorge néanmoins de matières premières, comme le lignite, le plomb et le zinc. "La situation économique actuelle du Kosovo n'inspire (...) guère confiance. La province compte environ deux millions d'habitants et 40 % de la population active est sans emploi. Le chômage des jeunes et le chômage de longue durée sont de graves problèmes. Les infrastructures et l'approvisionnement en énergie sont dans un état lamentable. La fragilité de l'environnement politique et la corruption, très répandue, n'incitent guère les investisseurs étrangers à se lancer dans l'aventure."

    -CourrierInternational-

  • The Kosovo before independence

    The Kosovo before independence

    Kosovo may decide to declare its independence this coming Sunday, February 17.

    International Herald Tribune (France) Columnist Roger Cohen sees cause for celebration in the imminent independence of Kosovo, though "Serbia will rail against what its prime minister calls 'this fictitious state on Serbian territory,' and the Russian bear will growl, and Balkan tensions will flare for a while ... . The fact is the independence of Kosovo is justified, unique and unavoidable. ... Serbia lost a nationalist gamble on Kosovo a long time ago; the differences stemming from it are unbridgeable. Further delay of the inescapable can only damage the region. ... European Union foreign ministers meet Monday and may agree on a 'platform' statement saying conditions for recognition have been met. A clear majority of the 27 European Union members - certainly no less than 20 - are expected to recognize Kosovo rapidly. ...Unanimity would be nice but broad consensus is sufficient. ... More important, the United States and Europe will march in step, not a frequent occurrence of late."

    La Voix du Luxembourg (Luxembourg) "Most chancelleries are observing Kosovo on the verge of independence with a mixture of hope and anxiety", writes Laurent Moyse. "Once again, the EU is playing with fire in its own backyard. If it appears obvious that the cohabitation of Serbs and Albanians in the same state is basically a failure, the conditions in which this separation is taking place are far from ideal. ... Most striking is the fact that the Balkans symbolise Europe's inability to cement multiethnic societies. After the partition of Czechoslovakia and the dismantling of Tito's Yugoslavia, not all 20th century national constructions escaped the whims of autonomy. By failing to understand the vicissitudes of History, Europe is struggling to find a coherent response to the crisis that is perturbing it."

    Dnevnik (Slovenia) There is no reason why the Balkans shouldn't be integrated in the EU, Ervin Hladnik writes, calling for the recognition of Kosovo: "Even today people are still saying that the war in former Yugoslavia began after Germany recognised the first two states to declare their independence [Slovenia and Croatia]. At the time there was just as much worry [as today] that the move would endanger the interests of neighbouring countries and destabilise the EU. There were fears of economic losses or even the political disintegration of the EU. ... Now that Kosovo has stated its intention to declare independence, similar warnings are being issued as in Slovenia in 1991. ... The recognition of Kosovo will make the province into a state in which the Albanians will be responsible for everything, including the safety of the Serbian minority. If that is what the people there want then there is really no point in stopping them."

    Dnevnik (Bulgaria) Ivo Indjev criticises Bulgaria's failure to adopt an official position on Kosovo: "The EU supports Kosovo's independence and thus as an EU member Bulgaria is by implication on [Kosovo's] side. But tacitly ... the government is trying to sell its 'sitting on the fence' to the public as flexibility. In reality it is afraid of getting its face slapped - not by its own citizens but by the mighty hand of the Kremlin. ... We should not kid ourselves that we are neutral. When Bulgaria opposed nationalist tendencies in the Balkans and in 1992 became the first country to recognise the state of Macedonia, it became visible on the geo-political map. Foreign policy is, however, a projection of the mood at home. Seen in those terms one can say that in 1992 and in 1999 [when Bulgaria adopted a pro-NATO position in the conflict with Serbia] Bulgaria acted like an independent country - whereas now it is behaving like 'Russia's unfaithful wife'."

    Neue Zürcher Zeitung (Switzerland)
    Not only political independence will present a major challenge to the government of an independent Kosovo. It will also be hard to get the economy going, believes Thomas Muster. Currently annual per capita GDP is only 1,100 euros - well below that of other countries in the region. In fact, though, Kosovo has large reserves of raw materials like lignite, lead or zinc. "The current state of Kosovo's economy does ... little to inspire confidence. Among the province's some two million inhabitants around 40 percent of those able to work are unemployed. Here youth and long-term unemployment are particularly serious problems. The infrastructure and energy supply are both in a wretched state, and in view of the volatile political environment and widespread corruption, foreign investors are showing little interest in making generous commitments."

    -CourrierInternational-

  • La Slovénie aux commandes de l'UE

    La Slovénie aux commandes de l'UE

    Depuis le 1er janvier, la Slovénie tient les rênes de l'UE. C'est la première fois qu'un des Etats récemment entrés dans l'UE (2004) assume la présidence semestrielle de l'Union européenne.

    Turun sanomat (Finlande)
    Le journal finlandais dresse un bilan élogieux du développement rapide du pays après le démembrement de la Yougoslavie. "La Slovénie n'est entrée dans l'UE qu'en 2004, avec neuf autres pays. Même si elle ne compte que deux millions d'habitants, c'est cette partie de l'ancienne république yougoslave qui enregistre la croissance la plus forte. La Slovénie fait déjà partie de la zone euro, de l'espace Schengen et de l'OTAN. (...) Elle se trouve néanmoins confrontée à un défi de taille car la présidence du Conseil est un lourd fardeau pour un si petit pays. Une chose est sûre : la question du Kosovo figurera dans l'agenda politique. L'UE doit se préparer à subir ce qui pourrait être la plus grave crise de son histoire."

    Dnevnik (Slovénie)
    La question de l'indépendance du Kosovo est le plus grand défi auquel la Slovénie se trouvera confrontée pendant sa présidence de l'UE. Selon Ervin Hladnik Milharcic, de nombreuses rumeurs inquiétantes circulent ces derniers jours quant à la tournure que prendraient les événements en cas d'indépendance du Kosovo, alors qu'en réalité, il ne devrait rien se passer. "En effet, tous les événements qui pourraient survenir se sont déjà produits en 1999. A l'époque, la police et l'armée serbes avaient coordonné leurs efforts pour évacuer en quelques jours un million de personnes de la province vers la Macédoine ou l'Albanie. Bill Clinton n'a pas oublié la promesse de George Bush Senior, selon laquelle les Etats-Unis ne permettraient jamais un génocide albanais. Aussi a-t-il eu recours à la force armée pour obliger les Serbes à quitter le Kosovo. La province était alors indépendante et n'attendait qu'une seule chose : que ce statut soit également reconnu de manière formelle. (...) Il y a 15 ans, on affirmait également que la Slovénie allait compromettre la stabilité européenne et provoquerait une guerre au sein de la communauté."

    Die Zeit (Allemagne)
    Selon Alice Bota, "c'est un peu comme si Hambourg se trouvait à la tête de l'UE". Et la journaliste d'expliquer comment le pays va s'acquitter de sa mission. "Le gouvernement a, en quelque sorte, placé le peuple et la politique sous le régime d'un état d'urgence, pour le bien de tous. A l'origine, un pacte a été conclu entre le Premier ministre conservateur Janez Jansa et les partis. (...) On y trouve notamment le passage suivant : 'En vertu de leur rôle au sein du système parlementaire, les signataires n'entraveront pas l'action gouvernementale pour tout ce qui relève de la présidence du Conseil de l'UE.' Ce qui, en substance, signifie : pendant six mois, il faudra se taire. Cependant, cela n'a pas empêché le pacte de recueillir la quasi-totalité des signatures, que ce soit chez les conservateurs, les sociaux-démocrates et la gauche. Mais cela n'est pas encore suffisant. Tout le monde doit soutenir le pacte, y compris les journalistes. Mais ces derniers refusent et reprochent ouvertement depuis quelques mois au gouvernement cette tentative de mainmise sur l'information."

    La Croix (France)
    "Derrière Ljubljana, tout un pan de notre continent se voit mis en avant, après avoir été longtemps perçu à l'Ouest comme une terre ennemie", estime Michel Kubler. "Sommes-nous prêts à faire confiance aux nations de l'Est, dont le sort est devenu conjoint au nôtre parce qu'ensemble nous l'avons voulu, pour être à la hauteur de notre noble ambition européenne ? La réponse est (...) dans le regard que nous portons sur ces Etats, et qui ne peut plus se borner à la compassion bienveillante, ni à un accueil condescendant de ces peuples convalescents dans notre 'cour des grands'. C'est un regard de respect total que les Européens de l'Ouest gagneront désormais à porter sur leurs voisins de l'Est. Ceux-ci nous apparaîtront alors pour ce qu'ils sont : authentiquement Européens, autant mais autrement que nous."

  • Le Kosovo, le grand défi européen pour 2008

    Le Kosovo, le grand défi européen pour 2008

    Le Parlement serbe a rappelé par une résolution votée mercredi 26 décembre son rejet de l'indépendance du Kosovo. Le texte lie l'éventuelle adhésion du pays à l'UE et à l'OTAN au statut du Kosovo. La Slovénie, premier pays de l'ex-Yougoslavie à assumer la présidence tournante de l'UE, aura à jouer les médiateurs dans ce dossier dès sa prise de fonction le 1er janvier 2008.

    Delo (Slovénie)
    Le journaliste slovène Peter Potocnik rappelle que "Belgrade lie son destin international à son intégrité territoriale. Il est évident qu'un 'rapprochement' de la Serbie de l'UE satisferait même les plus radicaux. (...) Le président Boris Tadic a certes affirmé que la Serbie serait incapable de conserver le Kosovo ou d'offrir les fruits de la croissance économique aux Serbes en cas de guerre ou d'isolement sur la scène internationale. Toutefois, il a ajouté que l'armée était prête à protéger les Serbes du Kosovo. (...) Celui qui espérait encore que la Serbie n'imaginait pas son avenir sans l'Europe a pu constater sans ambiguïté ce que le terme pro-européen signifie pour la classe politique serbe. Tout le reste n'est qu'une illusion, comme l'ont été les vaines négociations sur le statut entre Belgrade et Pristina."

    Der Standard (Autriche)
    Selon Adelheid Wölfl, "la ligne politique européenne envers la Serbie se révèle non seulement incohérente et peu crédible, mais également imprudente. En effet, la question du Kosovo est étroitement liée à l'adhésion de la Serbie à l'UE. Pendant des années, Bruxelles a affirmé qu'il n'y aurait pas d'accord européen sans la remise de Ratko Mladic aux autorités." Le gouvernement serbe a récemment admis que le criminel de guerre Ratko Mladic, recherché par le Tribunal pénal international de la Haye pour l'ex-Yougoslavie, se trouve à Belgrade. "Tout cela manque de clarté. Les électeurs serbes sont également dans le flou. Un Etat qui protège un criminel de guerre présumé n'a pas compris les valeurs européennes. C'est ce qu'a dû apprendre la Croatie avec l'ex-général Ante Gotovina. (...) La question du Kosovo est différente. Le fait que la Serbie ne se prononce pas en faveur de l'indépendance est compréhensible. L'accord des Serbes n'est ni nécessaire, ni probable. La Serbie doit pouvoir comprendre que d'autres vont agir à sa place."

    Le Monde (France)
    Le chroniqueur en affaires européennes Thomas Ferenczi souligne que la Slovénie a fait du dialogue entre les peuples l'une des priorités de la présidence tournante de l'UE, que ce pays assumera à partir du 1er janvier 2008. "Situé au carrefour de l'Autriche, de l'Italie et des Balkans, le pays est bien placé pour servir de trait d'union entre les peuples. Il a organisé en 2007 des rencontres destinées à établir des ponts entre les groupes en conflit et les religions en concurrence. Il continuera de combattre, par la confrontation des idées, le 'choc des civilisations', à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Union. Le Kosovo sera, bien entendu, son premier terrain d'action, mais son objectif est de contribuer, d'une façon générale, à une meilleure entente entre l'Occident et l'Islam."

    -Courrier International-

  • L'UE face à l'indépendance du Kosovo

    L'UE face à l'indépendance du Kosovo
    Les médiateurs américains, russes et européens présenteront le 10 décembre au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, leur rapport sur le futur statut du Kosovo. Ce document signera officiellement l'échec des négociations entre la Serbie et les Albanais du Kosovo. Du coup, la province serbe pourrait déclarer rapidement son indépendance. Comment l'UE pourrait-elle contribuer à la stabilisation de la région ?
    The Guardian (Royaume-Uni)
    "Alors que la question de l'indépendance du Kosovo se fait de plus en plus pressante, nous sommes certains qu'il y aura au cours des  prochaines semaines de la sueur et des larmes. Mais nous pouvons, avec de la chance et du bon sens de tous les côtés, éviter que davantage de sang ne coule", considère Timothy Garton Ash. "L'UE vient juste de signer ce qui, en eurojargon, est connu sous le nom 'd'accord de stabilisation et d'association' avec la Bosnie [le 4 décembre] - un pas important vers une adhésion éventuelle. L'UE devrait exprimer clairement, dans un effort de communication envers le peuple serbe, qu'elle veut faire la même chose avec la Serbie (...). La déclaration coordonnée d'indépendance du Kosovo, en février 2008, serait alors accompagnée par cette importante offre européenne aux Serbes : échanger le reste de souveraineté formelle sur le Kosovo contre la chance effective d'un avenir meilleur dans l'UE. Les Serbes feront sans doute non de la tête ; mais dans leurs coeurs, ils pourraient commencer à dire oui."
    Die Zeit (Allemagne)
    "Deux choses paraissent impensables pour Bruxelles : laisser à la porte de l'UE un tel enfant à problèmes, livré à lui-même et surtout, l'y abandonner pour longtemps", expliquent Jochen Bittner et Andrea Böhm, très critiques à l'égard de l'actuelle situation. "A Bruxelles, personne ne souhaite faire de pari sur la durée de son exclusion du club européen. Mais selon les diplomates européens, le problème des Balkans ne trouvera de solution que si tous les pays de l'ex-Yougoslavie sont rassemblés sous un nouveau drapeau ? celui de l'intégration européenne (...). Ce genre d'ambitions ne constitue pas seulement un effort surhumain pour une UE de l'élargissement. Elle représente aussi une provocation pour ce voisin mécontent qu'est la Russie. Pour Moscou, l'engagement de l'UE en faveur des Balkans incarne une avancée sans gêne sur les zones d'influence traditionnellement russes. Il est donc fort possible qu'un conflit larvé entre l'Europe et la Russie ne se cristallise autour du Kosovo."
    Sme (Slovaquie)
    Le Premier ministre slovaque Robert Fico se montre très réservé quant à la perspective de voir le Kosovo obtenir son indépendance. Peter Morvay critique cette opinion. "Ce point de vue ne découle pas d'une opposition de principe, ni ne repose sur des raisons valables. Il est dicté par une véritable paranoïa propre à tous les partis slovaques. Ceux-ci vivent dans l'idée que la séparation du Kosovo pourrait constituer un précédent pour les Hongrois du sud de la Slovaquie. Un raisonnement que l'on retrouvait déjà dans la décision du Parlement au sujet de l'inviolabilité des décrets Benes [qui ont entraîné la dépossession et l'expulsion de dizaines de milliers de Hongrois vivant en Tchécoslovaquie après 1945]. Il s'agit d'un geste vide, dénué de sens (...), qui détruit au lieu de construire."
  • Être jeune au Kosovo

    Être jeune au Kosovo

    Le regard noir d'Albin Kurti est fiévreux. D'une bronchite certes, mais surtout de colère et de passion. "Deux millions de Kosovars vivent ici comme en résidence surveillée, lâche, ironique, ce jeune Albanais du Kosovo. Mais je suis le seul à le savoir." Et le seul, àce jour, à subir judiciairement un régime de privation de liberté.
    Quatre étages plus bas, dans le hall de l'immeuble, deux policiers albanais du Kosovo montent la garde. Depuis sa sortie de prison,en juillet, Albin Kurti est cantonné aux 60 m2 de son appartement, dans le quartier Dardania, à Pristina. Cet indépendantiste radical et idéaliste de 32 ans sue rarement sur ses appareils de gymnastique. Il préfère se plonger dans les rayonnages de sa bibliothèque où, à côté des oeuvres d'Albert Camus et de Jean-Paul Sartre, figure Long Walk to Freedom, le livre dans lequel Nelson Mandela relate sa longue lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud. "Un trop long chemin", soupire Albin Kurti en référence, cette fois-ci, à son "pays" qui n'en est pas encore un. MARTYR OU MARGINAL ? Le Kosovo est régi par une administration internationale, la Mission internationale des Nations unies au Kosovo (Minuk), depuis la fin de la guerre avec la Serbie, en juin 1999. La perspective de l'indépendance n'a jamais paru aussi proche pour les Albanais de cette province officiellement serbe. Albin Kurti s'y emploie et s'impatiente. La justice a voulu transformer son appartement en prison ? Il en a fait son bureau. "Mon dossier judiciaire est une miniature de ce que la Minuk fait au Kosovo depuis 1999 : attendez encore six mois, encore deux mois, encore un an… avant l'indépendance, dit-il. Ils ont suspendu notre histoire et m'ont mis en résidence surveillée." Le 14 novembre, les juges ont allégé son régime : il peut maintenant sortir durant la journée. Juste avant, ils avaient prolongé de deux mois, jusqu'en janvier, sa privation de liberté. "On fait de lui un martyr alors qu'il est marginal et que son audience chutait", critique un haut fonctionnaire étranger. La justice lui reproche d'avoir organisé une manifestation qui a mal tourné le 10 février.Ce jour-là, le mouvement d'Albin Kurti, Vetëvendosje ("autodétermination" en albanais), réunit quelques milliers de manifestants à Pristina. Des lycéens et des étudiants, surtout, qui demandent l'indépendance immédiate, le départ des "néocolonisateurs" de la Minuk et des 15 000 soldats de l'OTAN stationnés dans la province. Deux militants tombent sous les balles en caoutchouc tirées à bout portant par des policiers roumains. Ceux-ci "quitteront ensuite tranquillement le Kosovo pour être promus dans leur pays", dénonce Albin Kurti. Lui est arrêté et placé pour cinq mois en détention. Retour à la case prison. "LES OTAGES DE MILOSEVIC" Le jeune homme a déjà payé lourdement son engagement en faveur de l'indépendance du Kosovo, comme tant d'autres avant lui. Le 27 avril 1999, il est arrêté près de chez lui à Pristina, la capitale de la province, par la police serbe. Depuis un peu plus d'un mois, les avions de l'OTAN bombardent le Kosovo, le reste de la Serbie et le Monténégro. L'Alliance veut faire plier le régime de Slobodan Milosevic qui, depuis l'été 1998, écrase dans le sang un mouvement indépendantiste qui a rompu avec la lutte pacifiste pour prendre les armes contre Belgrade. Albin Kurti, jeune leader étudiant à l'époque coiffé de dreadlocks, est aussi membre de l'aile politique de l'Armée de libération du Kosovo(UCK). Il est condamné en mars 2000 à quinze ans de prison par un tribunal serbe. Il symbolise les quelque 2 000 Kosovars albanais détenus en Serbie, "les otages de Milosevic", comme on dit à Pristina. Il ne sera libéré que le 7 décembre 2001, grâce aux pressions internationales sur le gouvernement démocrate serbe au pouvoir à Belgrade depuis la chute de Milosevic. De retour au Kosovo, Albin Kurti enfourche à nouveau son cheval de bataille. De facto, la Serbie ne contrôle plus rien dans la province depuis juin 1999. Mais, dorénavant, c'est une administration cosmopolite de l'ONU et des soldats de la KFOR, la force de l'OTAN, qui ont pris les choses en main. La Minuk devient donc la nouvelle cible pour tous les impatients qui rappellent qu'après la guerre, les Etats-Unis ont promis aux Kosovars une indépendance rapide. Les tags de Vetëvendosje fleurissent sur les murs de Pristina, l'administration internationale est tournée en dérision."C'était à la mode", se rappelle Njomza Llullaku, 22 ans, diplômée en psychologie. "MÊME SANS ILLUSIONS" "Vetëvendosje est un mouvement trop radical et il n'est pas raisonnable qu'Albin entraîne des lycéens sur cette voie", juge Bardhi Bakija, 22 ans également. Lui ne prône pas la révolution,commeTeuta, une étudiante de 19 ans, membre de Vetëvendosje. Il milite dans l'association Nisma Ime (mon départ), qui a appelé les jeunes à voter, "même sans illusions", aux élections législatives et municipales du samedi 17 novembre."Le constat tiré par Vetëvendosje est juste", concède toutefois Bardhi Bakija. Le mouvement surfe sur le malaise de la jeune génération – 50 % de la population (entre 1,2 et2 millions d'habitants selon les estimations) a moins de 25 ans. Un malaise palpable, au vu des ravages de la toxicomanie. "Nous sommes un peu perdus, à la recherche de notre identité et de notre place dans la société. Nous n'avons pas fait la guerre et n'avons pas le recul nécessaire pour juger l'histoire de ces dernières années, explique Njomza, la jeune diplômée en psychologie. Je me sens libre, parce que j'ai décidé de l'être. Mais, à la fin de la journée, on ressent comme un grand vide creusé par une absence de projet. Le rêve de beaucoup de jeunes est de travailler dans une banque pour la sécurité de l'emploi." AU RYTHME DE LA SONO MONDIALE En attendant, la jeunesse de Pristina écluse des litres de café dans l'atmosphère enfumée des innombrables bistrots de la ville, au rythme de la sono mondiale et des pétarades des générateurs – entre deux coupures d'électricité, il faut pallier les défaillances d'une centrale thermique au charbon qui empoisonne l'atmosphère. C'est une jeunesse tiraillée entre une histoire qui s'écrit, et pousse donc à rester, et de multiples contraintes, qui incitent au départ. Une jeunesse "lookée" comme à Londres, Amsterdam ou Munich, où tant de grands frères ou cousins, ex-Yougoslaves aujourd'hui quadragénaires, ont fait leurs classes dans les années 1980 et 1990. Ferdi Limani aimerait pouvoir en faire autant. Ce talentueux photographe de 25 ans se sent à l'étroit dans un Kosovo grand comme deux départements français."C'est mon pays, mon histoire, mais j'en ai marre de tourner en rond, de faire les mêmes photos depuis neuf ans", explique- t-il. Pourquoi ne pas partir, alors ? La réponse tient en trois mots : "Unmik TravelDocument". Le"document de voyage de la Minuk" a la forme d'un passeport, la couleur bleue d'un passeport de l'ONU, mais ce n'est pas un passeport. ERSATZ DE PASSEPORT Ferdi vient une nouvelle fois de mesurer la différence qui sépare un citoyen de n'importe quel pays d'un "résident du Kosovo". Officiellement, selon les termes de la résolution 1244 des Nations unies, le Kosovo est toujours une province de Serbie, disposant d'une "autonomie substantielle". Ce n'est pas un pays souverain. Si passeport il y a, il est donc serbe. "Jamais de la vie, lâche Ferdi Limani, le mien a expiré en 2002, et maintenant la Serbie, c'est fini. Tant pis si c'est plus compliqué pour bouger, mais aucun Albanais ne signera un papier où il se déclare citoyen de Serbie." Comme elle l'a fait pour les plaques minéralogiques ou le réseau de téléphonie mobile, dont le préfixe est celui de Monaco, la Minuk a fabriqué un ersatz de passeport."C'est utile pour aller en Macédoine et en Albanie, mais beaucoup plus compliqué pour les autres destinations, voire impossible", souligne Ferdi Limani. "PEUR QU'ON S'INSTALLE CHEZ EUX" Le photographe n'ira donc pas au vernissage de son exposition sur les personnes disparues pendant la guerre (1998-1999), à Bratislava : la Slovaquie appartient aux quelques pays européens qui s'opposent à l'indépendance du Kosovo. Elle ne reconnaît pas le document de voyage de l'ONU, alors que les négociations serbo-albanaises destinées à définir le futur statut du Kosovo, sous les auspices de la communauté internationale, sont dans l'impasse depuis des mois. Et, lorsque ce n'est pas la politique qui empêche de voyager, les obstacles sontdumêmeacabit que ceux opposés à tant de demandeurs de visas originaires de pays en développement. "Ils ont peur qu'on s'installe chez eux pour y travailler", explique Ferdi Limani, privé quatre ans de suite de participation au festival de photo de Perpignan, Visas pour l'image, où il était invité. Le jeune homme ronge donc son frein. Avec parfois le sentiment d'être renvoyé comme une boule de flipper dans un environnement où les "anciens" et leurs proches confisquent les postes à responsabilités et les emplois–" anciens jeunes "combattants de l'UCK, "anciens vieux" militants de la Ligue démocratique du Kosovo au temps d'Ibrahim Rugova, le héraut de la résistance pacifique des années 1980 et 1990 mort en 2006. Et aux "anciens" s'ajoutent, quand ce ne sont pas les mêmes, les nouveaux mafieux. "Il n'y pas de concurrence dans cette société albanaise conservatrice et corrompue", lâche Ferdi Limani. Et, à l'entendre, ce n'est pas l'indépendance – si elle intervient prochainement – qui changera le cours des choses. "Il faut attendre qu'ils quittent la scène", dit-il. Mais ce n'est pas une raison pour retarder "le jour de la libération". Là-dessus, tout le monde s'accorde : le plus tôt sera le mieux. {Envoyé spécial au Kosovo} Christophe Châtelot

  • Les Français sont de plus en plus critiques envers la publicité

    Les Français sont de plus en plus critiques envers la publicité, en particulier sur Internet

    Le désamour entre les Français et la publicité ne diminue pas. Bien au contraire, si l'on en croit les résultats de l'enquête réalisée par Ipsos pour le compte de l'agence de publicité Australie. Publiée mardi 13 novembre, cette étude met en évidence un décrochage entre les Français et la publicité en 2007. Surtout, elle démontre que la publicité sur Internet est tout particulièrement dans le collimateur. L'agence de publicité Australie a lancé ce baromètre baptisé Publicité et Société il y a quatre ans.

    Vazhdo leximin

  • CfP: Universum Journal - University of Prishtina

    CfP: Universum Journal - University of Prishtina

    The Institute for Research and Consultations of the Universum University in Prishtina, Kosovo, invites, professors, scholars, professionals, policymakers, decision makers, researchers and students to submit papers, essays and book reviews for the first Volume of the Universum Journal to be published in September 2007. The Universum Journal is a periodical scientific publication with an interdisciplinary nature and a bilingual structure- Albanian and English, focused mainly, but not only, in public policy. The Universum Journal will be published under the supervision of the Institute for Research and Consultations of the Universum University and its Publishing Board. All contributions are required to comply with our publication rules as in following:

    Contribution size: from 2500 ? 10.000 words including
    footnotes (N/A for book reviews)
    Line space: 1.5
    Font type: Times New Roman
    Text size: 12 pt
    Abstract: about 200 ? 250 words
    Brief CV of the author: up to 50 words.
    Language: Albanian and English (contributions may
    be submitted in both languages)

    All contributions are expected to be written in accordance with Chicago Manual of Style, fifteenth edition, the humanities style rules. For more information please visit the Chicago Manual Style website at:
    http://www.chicagom anualofstyle. org/tools_ citationguide. html

    The submission deadline is August 1, 2007.

    The publication of contributions will be decided by the Publishing Board of the Universum Journal. All the authors of contributions accepted for publication, depending by the size of their contributions will be entitled to receive a symbolic honorarium from 50 ? 100 Euros and a free copy of the journal.

    The focus for the first Volume will be mainly on the following topics:

    1. The Economic Transition of South East European Countries
    2. The Challenges of European Integration for Western Balkans
    3. The European Perspective of Kosovo
    4. Foreign Direct Investments in Western Balkans
    5. Building Democracy in Multi-ethnic Societies
    6. The Regional Integration in Western Balkans
    7. The International Law vs. the Domestic Law

    Few other topics may be also considered to be published in the first Volume or in other coming volumes.


    Av. Jordan DACI, MAFor any further information please contact the General Director of the Institute for Research and Consultations of the Universum University Mr. Jordan DACI at: vice.rector@ universum- ks.org or info@universum- ks.org or jordan.daci@ universum- ks.org

    / http://freestudiesabroad.blogspot.com/2007/06/cfp-universum-journal-university-of.html /